Pour en finir avec la francophobie éternelle

Natacha POLONY, Gaëtan DE ROYER et David MARTIN-CASTELNAU
Génération République (
republique@noos.fr)

Bonne nouvelle pour les amis de Konopnicki : son histoire d'amour avec la France commence enfin à quitter les rivages de la tourmente. En 1991, dans Chante, petit Coq, chante !, il l'ensevelissait sous un tombereau d'injures et de délicates métaphores scatologiques. Dix ans plus tard, le ton est plus serein, et ce sont ses parents, " ardents patriotes ", qu'il met finalement en avant.  De " caca " à " papa ", il y a un net progrès.

 Oh, bien sûr, on déplore encore quelques tics : par fidélité parisienne, il dénigre Finkielkraut et Debray, mais rend dans le même temps hommage à Chevènement ; il donne à Renaud Camus une importance surréaliste (fallait-il le grossir, cet épouvantail !), mais lui oppose aussitôt les plumes de la vraie et grande tradition française. Et si Konopnicki résume un peu hâtivement l'histoire de la IIIème République au colonialisme, il assume par ailleurs assez crânement Robespierre, les jacobins (réels, pas fantasmés) et la Marseillaise qui lui sort, apprend-on, de temps à autre de la gorge. Bref, la charge est complexe, féconde, intéressante.

Et puis, patatras ! Arrivé en fin de course, l'auteur rechute. La République ? " Un régime concentrationnaire " s'adonnant aux  " génocides " et à " la religion nationale de l'antisémitisme ". Hitler ? L'invention " de la France de Clemenceau ". La colonisation française ? " Des crimes que seuls les nazis ont égalé ". Ad nauseum.

Le lecteur de notre génération, étranger à ces haines recuites, reste bouche-bée : la France décrite par Konop relève du cauchemar éveillé. Elle est à pleurer de rire et de rage. Pourtant, l'essentiel n'est pas là : voilà un livre qui indique clairement que les temps changent, que nos aînés amorcent leur réconciliation avec l'histoire. La névrose francophobe s'affaiblit ; elle s'estompera bientôt.

De source sûre, on peut même d'ores et déjà annoncer qu'en 2001  Konop livrera le troisième et dernier volume de son oeuvre psychanalytique.